Les troubles sexuels féminins relèvent-ils du mythe ou font-ils vraiment partie de la réalité ?
Vendredi, août 28th, 2009 | Pratiques Sexuelles, Santé

Perte de désir sexuel, vaginisme, difficulté à atteindre l’orgasme… les troubles sexuels féminins passionnent depuis quelques années les chercheurs et industrielles. Mais ce récent intérêt est-il motivé par des soucis médicaux ou commerciaux ?
Une définition qui peut porter à confusion
Les troubles sexuels féminins (TSF) recouvrent un ensemble de problèmes : absence de désir, retard ou absence d’orgasme, aversion sexuelle, douleur pendant ou avant ou après le rapport. Malgré cette définition très globale, on remarque que ces troubles sont quasi fréquents chez les femmes. Une enquête conduite par des sociologues, 43 % des femmes souffriraient de TSF. Les femmes soumises à cette enquête ont été questionnées sur les sept difficultés sexuelles pendant au moins deux mois au cours de la précédente année (allant du manque de désir à l’anxiété de la performance en passant par le manque de lubrification). Une seule réponse positive regroupait les femmes souffrant de TSF…
Décrétée « continent noir » par Freud, la sexualité féminine a longtemps été négligée et les problèmes sexuels féminins souvent mis de coté. Or, plus de 40% des femmes qui ont été soumises à un questionnaire ont affirmé avoir des problèmes sexuels et 68% ont eu un problème sexuel à un moment donné. Cette situation entraîne le plus souvent une diminution voire même pas de rapports sexuels. Pourtant, tout problème a une solution qu’elle soit efficace ou pas.
Récemment on a fait état que bon nombre de femmes souffrent de troubles sexuels féminins. Les causes majeures sont :
- le stress : un état physique, psychique et émotionnel affaiblit la libido.de façon générale, une femme a tendance a attendre qu’elle se sente mieux pour pouvoir passer a l’acte tandis qu’un homme fera l’amour afin de se déstresser et pour se sentir mieux par la suite.
- les bouleversements hormonaux : le désir atteint son apogée pendant l’ovulation et/ou au début d’une nouvelle histoire d’amour et diminue à mesure que nous vieillissons (surtout à la ménopause quand le taux d’œstrogènes diminue et que les ovaires produisent moins de testostérone).
- les conflits conjugaux, les soucis, la fatigue, etc.
Les solutions sont :
- se motiver, retrouver « l’envie … d’avoir envie », ne pas tout attendre du partenaire.
- apprendre à mieux se connaître.
- développer son imaginaire, fantasmer.
- stimuler …
Quand pouvons-nous dire qu’un problème sexuel est une dysfonction sexuelle ?
L’équipe du Dr John Bancroft, directeur de l’institut Kinsey de recherche en sexualité et reproduction de l’université d’Indiana (États-Unis) pose en termes simples la véritable question : quand un problème sexuel devient-il une dysfonction sexuelle ? Selon lui, une baisse de désir sexuel féminin survient chez les femmes souffrant de stress, de fatigue ou des menaces de leurs partenaires.
Il conclut en relançant la nécessité de disposer d’une définition plus claire des TSF : « Tant que nous ne serons pas capables de distinguer de telles inhibitions adaptatives de réponse sexuelle de celles qui sont des dysfonctions, nous aurons bien du mal à prédire dans quels cas un traitement pharmacologique sera utile. » Selon John Bancroft, le danger est triple : une surmédicalisation d’un problème sexuel en laissant de côté les autres aspects de la vie des femmes, une augmentation du nombre de femmes croyant souffrir de TSF sans réel fondement et enfin, une focalisation et une normalisation de la sexualité du couple autour du seul coït.
Ne pas ignorer les véritables détresses
Faites attention à ne pas tomber dans une vision trop manichéenne et caricaturale, il y a de véritables troubles sexuels qui nécessitent vraiment l’avis et les recommandations d’un médecin. Si vous ressentez des douleurs au cours de vos relations ou que vous n’avez pas à lubrifier, tout est alors question d’une prise en charge, d’autres troubles comme la difficulté à atteindre l’orgasme ou la perte de désir ne suscitent pas une telle unanimité.
D’une part, on regrette que la médicalisation de la sexualité féminine se fasse au profit d’une vision organique, sans prendre vraiment en compte les relations du couple, de la pression sociale ou des problèmes spécifiquement féminins. Car c’est bien sûr le modèle du Viagra que se font ces recherches médicales. À part les différences qui puissent exister entre les hommes et les femmes, nous savons pour sur que l’inducteur d’érection n’agit pas comme des « interrupteurs ». Ils ne sont certainement pas efficaces si l’homme n’éprouve pas de désir. Il y a peu de chances, très peu probable même, qu’a l’avenir il y ait des médicaments qui puissent répondre au problème de la femme afin que celle-ci puisse faire mieux…
D’autre part, le droit d’avoir une sexualité épanouie est mis en avant. La santé sexuelle n’est-elle pas reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme faisant partie intégrante du bien-être auquel chaque individu a droit ? Il serait trop facile de culpabiliser les laboratoires pharmaceutiques en les accusant de créer des maladies du « plaisir ». On a finalement vu que les troubles de l’érection constituaient un véritable problème même après l’arrivée des inducteurs d’érection. Même si ces médicaments ne constituent pas la solution miracle, ils ont permis à des millions d’hommes de se sentir moins coupables et de retrouver une vie sexuelle et d’avoir une meilleure image de soi, et un minimum de confiance… Certains problèmes d’irrigation du clitoris ne sont-ils pas à l’origine des difficultés de certaines femmes à atteindre l’orgasme ? Si l’on ne parvient pas à dissocier les aspects organiques des aspects psychologiques, doit-on pour autant faire l’impasse sur une aide pharmacologique ?
On le voit, il est bien difficile de trancher aujourd’hui entre les partisans d’une médicalisation de la sexualité féminine et ceux du tout psychologique. La prise en charge des troubles de la sexualité féminine pourrait bien demain reposer sur une alliance entre médicaments et psychothérapie. Malgré toute la technologie et la complexité de la recherche médicale, la pilule de l’amour n’existe pas. Vous seul resterez le maître de cette délicate alchimie.
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