Quand le sadisme devient une perversion…

Dimanche, mai 17th, 2009 | Discussions Sexualité, Pratiques Sexuelles

Sadisme

Terme inventé à partir du nom du philosophe du XVIIe siècle, Sade, le sadisme se définit par la recherche de la jouissance sexuelle dans la souffrance volontairement infligée à l’autrui. Certaines personnes adeptes du sadisme, même s’il peut exister indépendamment des relations sexuelles, ne peuvent accédées à un plaisir satisfaisant sans infliger de souffrances à l’autrui. Cette pratique est souvent associée à son objet, le masochiste, cherchant une relation de symbiose ou le masochiste se fait dominé alors que le sadique gagne du plaisir à le faire souffrir. Le sadique a ainsi besoin de sa victime pour exister psychiquement, alors que celle-ci dépend de lui. Donc, si l’esclave échappe au maitre, la souffrance que ressent le maitre est aussi forte que celle de l’esclave, l’un et l’autre sont dans un état de manque comparable à celui d’un drogué frustré. On peut du coup se poser des questions quant aux réelles motivations de ces adeptes du sadisme…

L’acte érotique qu’est produit lors de la pratique du sadisme est en général une mise en scène plus ou moins de manière stéréotypée et exige toute une panoplie d’accessoires divers afin d’appliquer les sévices. On peut y trouver un peu de tout, par exemple des clous, aiguilles, pinces, épingles à nourrice, cigarettes allumées, flammes vives, lanières, bâillon, bandeau, menottes, cordes, chaines, collier, laisse, masque, anneaux, cravache, poids, etc.… En contrôlant totalement l’autre de cette manière, pour le faire son objet, sa propriété, cela engendre une passion chez le sadique tout en suscitant chez lui un attachement absolu à réduire l’autre en esclavage, procurant un plaisir morbide intense. Le lieu ou ces actes se produisent a aussi de son importance. Le sadique aime généralement les lieus lugubres, les endroits sombres et tristes. Les partenaires peuvent être homos ou hétéros, cela ne fait pas de différence car la souffrance est tout ce qui importe, quelque soit la personne. Le sadique peut se satisfaire de scènes simulées visant souvent à provoquer de l’humiliation, des plaintes et des cris de la part du partenaire. La jouissance de l’individu, la décharge orgastique, survient au paroxysme de la violence. Il y a parfois des actes ou la personne se voit avoir un orgasme lors d’actes sadiques criminels tels un viol, une strangulation, ou des mutilations corporelles. Ces actes de type psychotiques restent néanmoins relativement exceptionnels.

Strangulation

Ainsi, le but du sadisme est de se donner du plaisir grâce à la souffrance de l’autre. Il y a toutefois un scénario à suivre avant d’atteindre ce but. Au début, comme pour le sadisme sexuel, ou l’on s’approprie la personne en le caressant le corps, la personne caresse l’égo de l’autre par quelques viles flatteries destinée à s’approprier la confiance de l’autre. Le but est ainsi de le posséder, non seulement prendre part de son corps mais aussi s’emparer de son esprit. Après s’être rendu maitre de l’autre, il ne reste plus pour le sadique qu’à lui infliger des douleurs aussi bien physiques que psychologiques, toujours de plus en plus grandes, comme s’il s’agissait de mesurer la résistance et tester les limites de l’autre. Bien entendu, cette douleur est apaisé par la flatterie, afin de le rendre plus supportable, tout en accomplissant le lent travail de l’érosion, adaptant petit à petit le sujet à la souffrance jusqu’à ce qu’il se voit jouir et prendre gout au sadisme à son tour.

D’autre part, il existe le sadisme physique, ou le sujet exige encore plus de violence plutôt que de caresses. En effet, les caresses, l’apaisement de la souffrance de l’autre, les flatteries et les mots doux, rien de tous cela n’est utilisé. Le sadique s’approprie plutôt d’une violence pure en plaçant son partenaire dans une incapacité de se dérober. Il est soit attaché, bâillonné, mutilé ou drogué, ou alors la violence même des coups est utilisée, lui autant ainsi toute possibilité de réponse. La jouissance de l’auteur est par conséquent renforcée. A ce stade ou le sadique contemple et jouie en voyant l’autre souffrir, il est clair qu’il n’y a plus de sexe qui intervient matériellement car cette satisfaction est souvent bien plus intense et excitant que ce qui est éprouvé lors d’une relation sexuelle.

Finalement, le sadisme, dans son total, devient encore plus intense lorsqu’il s’exprime dans chacun des domaines précédemment cités. La violence ressentie est encore plus dominante, psychotique, totale, et s’éloigne de la jouissance normale pour carrément sombrer dans une perversion absolue. Usant d’insultes perforant, une brutalité bestiale et d’une attitude profondément dégradante, l’auteur succombe ainsi à une plus grande jouissance, n’ayant maintenant plus aucune notion de la réalité, ni plus aucun but spécifique dans ses désires et pulsions sexuels.

Nous constatons que de nos jours, la perversion est très fréquente parmi les hommes, mais est toutefois beaucoup plus rare chez la femme. Ce genre de personne est toutefois difficile à percevoir et à démasquer dans une société comportant des pratiques telles que le sadomaso, que tout le monde assimile à la souffrance et au sadisme. Le masochiste obtient de la jouissance et de l’excitation à partir de la douleur subie grâce aux accessoires utilisés dans la sexualité. Il est ainsi facile pour le sadique de s’y cacher, tout en imposant de la douleur au sadomaso le réclamant. Il ne s’agit toutefois pas de condamner de manière irréfléchi le sadisme, ni même de juger un sadique à partir des actes commis, car après tout, un peu de violence dans la vie sexuelle d’un individu n’a jamais fait de mal, tant que le partenaire est consentant bien entendu, si c’est une simple fantaisie dans la sexualité de l’individu.

Bref, le sadisme est acceptable, du moment qu’il y a été fixé certaines limites et mesures raisonnables, de sorte à ce que l’activité soit profitable mais pas au point d’en abuser. Il ne s’agit pas de se comporter de manière plus pudique, mais seulement de ne pas toutefois tout autoriser sous prétexte que nous vivons dans un monde de liberté ou plus rien ne peut nous interdire, surtout s’il s’agit de briser l’interdit lui-même !

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